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Vie de l'entreprise

14 février 2025 • Firel HANNA, Psychologue du travail

Après le Dry January, des actions de prévention à long terme

Le « Dry January »  ? Un mois « sans alcool » pour adopter des habitudes de vie plus saines… mais pas seulement. Cette action permet surtout de s’interroger, à plus long terme, sur sa consommation d’alcool et de lutter contre une éventuelle dépendance. Pour les entreprises, cette dynamique est aussi l’occasion de lancer une campagne de prévention, afin de sensibiliser aux addictions et de soutenir les collaborateurs tout au long de l’année. Les explications de Chloé Galli, psychologue sociale pour PSO.

Le « Dry January », un programme de soutien qui permet d’obtenir des résultats

Consommation d’alcool et dépendance : un mois pour repérer les situations à risques

Tout au long du mois de janvier, des millions de Français ont réduit (ou stoppé) leur consommation d’alcool, que ce soit à titre personnel ou dans le cadre d’actions menées en entreprise. Pour certains, cela permet d’observer des bienfaits physiques et mentaux immédiats : un meilleur sommeil, réduction de l’anxiété, une amélioration de la concentration et de la mémoire, une perte de poids…

Pour d’autres, relever le défi d’un mois sans alcool a parfois été plus compliqué. Or, des difficultés à maîtriser sa consommation ou à arrêter de boire pendant un mois peuvent être des signes d’un comportement addictif et d’une dépendance à l’alcool.

La dynamique collective du Dry January, un atout pour relever le défi

L’enquête Janover (1), réalisée par le centre hospitalier Le Vinatier à Lyon, démontre qu’une action ponctuelle comme le Dry January permet une prise de conscience. 32 % des participants à l’étude reconnaissent que leur consommation d’alcool est potentiellement à risque. Selon le coordinateur de l’étude, le psychologue et chercheur en addictologie Louis-Ferdinand Lespine, les bénéfices se poursuivent même après l’opération. Les participants diminuent leur consommation « en fréquence, en quantité ou les deux », et ils estiment être « plus en capacité à refuser des consommations ».

Et en effet, le rôle de l’environnement social n’est pas à négliger pour un défi tel que le Dry January. C’est ce que rappelle Chloé Galli, psychologue sociale pour PSO. « La campagne fournit des ressources aux participants et leur donne l’occasion d’échanger avec une communauté en ligne. Bénéficier du programme de soutien multiplie par deux les chances de réussir le défi, plutôt qu’un essai individuel. »

Prévenir les addictions et accompagner toute l’année : quelles solutions  ?

Créer un environnement favorable sur le long terme

Le rôle de l’entourage ou des groupes sociaux ne se limite pas au seul mois de janvier : au contraire, des actions sont possibles tout au long de l’année. Chloé Galli souligne d’ailleurs « l’importance de notre environnement social et des processus sociaux dans la guérison et le bien-être ». Certains chercheurs utilisent même le terme de « social cure » pour désigner l’ensemble des effets bénéfiques de notre environnement social sur notre santé et notre qualité de vie. Ce rôle protecteur de nos groupes sociaux se constate également pour des processus de réduction de consommation d’une substance addictive, par la mise en place de groupes de parole pour les personnes dépendantes, par exemple.  

Mettre en place un accompagnement pour lutter contre les addictions en entreprise

Au sein de l’entreprise, l’écoute, la sensibilisation et les actions de prévention sont autant d’outils qui peuvent être mis à profit pour lutter contre les addictions. PSO, en lien avec PmS Médicalisation, propose une démarche d’accompagnement et de soutien des collaborateurs. Celle-ci prend plusieurs formes :

– L’élaboration d’un plan d’action en fonction des difficultés détectées (comportements addictifs, risques psycho-sociaux…) ;

– La rédaction ou la mise à jour du DUERP (document unique d’évaluation des risques professionnels) en y intégrant les conduites addictives ;

– La mise à jour du règlement intérieur afin de déterminer un cadre réglementaire sur les conduites addictives en entreprise ;

– L’organisation d’ateliers, de conférences ou de rencontres pour les collaborateurs afin de les sensibiliser et de créer une relation de confiance ;

– Un accompagnement personnalisé par des professionnels de santé et un suivi des actions de prévention.

En savoir plus : quel cadre réglementaire pour lutter contre les addictions en entreprise  ?

(1) Enquête réalisée en janvier 2024 à l’initiative du service de psychiatrie universitaire Lyon Métropole – centre hospitalier le Vinatier, auprès de 5 000 Français.

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