Le stress au travail et les risques psychosociaux n’affectent pas que la santé mentale des collaborateurs. Ces facteurs peuvent être à l’origine de troubles cardiovasculaires, avec des répercussions sur le déroulement des carrières et l’organisation de l’entreprise.
Comment les facteurs de risques professionnels agissent-ils sur la santé cardiovasculaire ? Et quels sont les moyens de prévention à disposition des entreprises ? L’éclairage de Chloé Galli, psychologue sociale chez PSO.
Les maladies cardiovasculaires, la 2e cause de mortalité en France
Les pathologies cardiovasculaires sont la deuxième cause de mortalité en France, et sont à l’origine de plus de 140 000 décès par an selon Santé Publique France (1).
Si l’on associe spontanément maladie cardiovasculaire à l’infarctus, il existe d’autres pathologies comme :
– L’insuffisance cardiaque ;
– Les AVC (accidents vasculaires cérébraux) ;
– L’embolie pulmonaire ;
– L’artérite ;
– Les troubles de la fréquence cardiaque.
Quels sont les facteurs de risque de maladies cardiovasculaires au travail ?
Plusieurs facteurs de risques professionnels impactent la santé cardiovasculaire.
La sédentarité et les horaires atypiques
« La sédentarité est connue pour augmenter significativement le risque de troubles cardiovasculaires », rappelle Chloé Galli. Les comportements sédentaires sont caractérisés par un manque d’activité physique : passer de longues heures assis derrière un écran au bureau en fait partie.
Les horaires atypiques constituent également un facteur aggravant. Le travail décalé et le travail posté (organisé selon un roulement) peuvent entraîner des complications cardiaques et augmenter le risque d’infarctus.
Le stress professionnel
« De nombreux travaux (2) démontrent le lien entre l’exposition au stress et l’apparition de troubles cardiovasculaires », indique Chloé Galli. Le stress au travail, aigu ou chronique, joue un rôle particulièrement délétère en agissant de deux manières combinées sur la santé.
– De manière directe, le stress déclenche des mécanismes physiologiques spécifiques : production d’adrénaline et de cortisol, accélération du rythme cardiaque et hausse de la pression artérielle, réactions inflammatoires.
– De manière indirecte, il influence les comportements : baisse de l’activité physique, alimentation déséquilibrée, addictions au tabac et à l’alcool. « Le stress accentue tous les autres facteurs de risque cardiovasculaires tels que le tabagisme, l’obésité, la sédentarité, et l’hypertension », précise Chloé Galli.
Les autres risques psychosociaux (RPS)
D’autres facteurs psychosociaux, reconnus pour être des causes de stress, sont associés à un risque plus important de maladies cardiovasculaires :
– L’insécurité socio-économique au travail ;
– Le manque de soutien social et la dégradation de l’environnement de travail ;
– La surcharge de travail et les horaires longs.
Chloé Galli ajoute : « le burn-out représente un facteur de risque cardiovasculaire important, en multipliant par deux le risque d’infarctus » (3).
Des conséquences aussi sur les carrières et l’organisation du travail
« Les maladies cardiovasculaires se répercutent directement sur l’espérance de vie des travailleurs, leur qualité de vie et leurs capacités à poursuivre une carrière professionnelle », explique Chloé Galli. Les conséquences concernent aussi les organisations, avec une hausse de l’absentéisme, des arrêts maladie prolongés et des départs prématurés à la retraite.
Une étude de 2024 de l’INRS (4) révèle enfin que 56 % des décès au travail sont qualifiés de « malaises mortels ». Ces malaises cardiaques correspondent à des morts subites, le plus souvent causées par un infarctus du myocarde. Pour Chloé Galli, « ces considérations appellent à une meilleure prévention de la santé cardiovasculaire dans le domaine du travail ».
Prévention des RPS et des maladies cardiovasculaires : comment agir dans l’entreprise ?
« La prévention des risques cardiovasculaires au travail nécessite de mobiliser plusieurs approches complémentaires, à différents niveaux de l’organisation. » PSO peut accompagner les entreprises dans cette démarche, en proposant les stratégies les plus adaptées.
La prévention primaire
La prévention consiste à réaliser un diagnostic des risques psychosociaux pour identifier et réduire les facteurs de stress. Cela permet d’agir sur les causes organisationnelles et collectives dans l’entreprise, pour protéger la santé mentale et physique des salariés.
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L’amélioration des conditions de travail
Agir sur la QVCT (qualité de vie et des conditions de travail) est un autre moyen de prévenir les maladies cardiovasculaires à l’échelle de l’entreprise. Parmi les mesures à envisager : la lutte contre la sédentarité, en proposant des dispositifs concrets. Des pauses dynamiques, du mobilier modulable ou des salles de sport en entreprise par exemple. Dans la mesure du possible, la réorganisation des horaires est une autre piste à étudier, pour limiter le travail décalé et les journées excessivement longues.
La mise en place de dispositifs d’accompagnement
Il est également possible de proposer un accompagnement aux collaborateurs pour les aider à gérer leur stress. « Il peut s’agir autant de thérapies cognitivo-comportementales (TCC), que d’encourager la pratique d’une activité physique régulière », détaille Chloé Galli.
Bibliographie et sources
(1) Les maladies cardiovasculaires en France : un impact majeur et des inégalités persistantes, Santé Publique France
(2) L’association entre le stress chronique et les maladies cardiovasculaires (European Journal of Cardiovascular Medicine)
(3) Syndrome de burnout : un « vrai » facteur de risque cardiovasculaire (La Presse Médicale)
(4) Étude de l’INRS pour mieux comprendre les malaises mortels au travail


